La nature est physique

2023, installation, 27 carnets

Depuis le lycée je dessine dans des carnets.
C’est l’endroit où j’ai le plus de lâcher prise plastique : il s’agit de faire, de refaire et de tourner la page sans drame.
Parfois j’oublie la matière si dense et si importante produite à l’intérieur de ces derniers. Pourtant, tout comme je pense que chaque dessin est « fini » en soi, qu’il n’a pas l’obligation d’être étiré à l’infini pour en faire germer une peinture ou une sculpture, j’ai la certitude que le carnet peut exister à part entière sans être rattaché à l’idée
de brouillon ou de recherche préparatoire.

L’installation La Nature est physique rend accessible, sans les sacraliser, les carnets de dessins qui m’accompagnent depuis 2017.
Disposés à même le sol les vingt-huit supports exposent une double-page plus ou moins perceptible en fonction de sa disposition
dans l’espace.
Les différents formats, les ouvertures plus ou moins prononcées des reliures, les signets, sont des respirations et des ponctuations dans le cheminement d’une histoire que chacun•e peut s’inventer autour des thèmes de la réminiscence et de la nature.